Nous sommes tous des héros

Pourquoi, lors du développement d’une formation, accorder une attention particulière au « Why » – comment faire en sorte que les participants comprennent les enjeux et les besoins – avant d’aborder le « How » et le « What » – le contenu et les outils ?

Dans son dernier ouvrage “Dare to lead“, la sociologue Berné Brown raconte avoir eu la chance de rencontrer l’équipe des studios Pixar. Une question qui la taraudait était la suivante : « Est-ce que les histoires de Pixar suivent une structure bien définie ? »

Et la réponse de la scénariste en chef fût : « Oui, bien sûr, nous respectons le schéma que respectent toutes les histoires écrites depuis la nuit des temps ; celui dévoilé par Joseph Campbell dans son livre “Le héros aux mille et un visages“. »

Ce schéma se déroule en trois actes :
1. L’appel à l’aventure : le héros débute dans un monde ordinaire, et reçoit un “appel” à entrer dans un monde insolite.
2. L’initiation : s’il décide de relever le défi, le héros doit réussir une série d’épreuves (route des épreuves). Il peut y faire face seul ou se voir aidé.  Au paroxysme de l’aventure, le héros doit survivre à un défi impitoyable dont il sortira métamorphosé.
3. Le retour : si le héros survit, il acquiert un “grand don”, qui se traduit souvent par une importante découverte sur soi. Il doit alors décider s’il revient dans le monde ordinaire avec ses apprentissages, en ayant à faire face à d’autres épreuves sur le chemin du retour. S’il y parvient, les pouvoirs qu’il a reçus serviront pour améliorer le monde.

Pourquoi cette structure se retrouve-t-elle – en tout ou en partie – dans toutes les histoires écrites par l’Homme ? Parce que nous sommes tous, dans la vraie vie, continuellement confrontés des schémas similaires à cette structure. Parfois, l’enjeu est faible et d’autres fois, il est gigantesque. Nous nous retrouvons dans cette structure parce que c’est précisément comme ça que nous fonctionnons lorsque nous sommes face à un besoin de changement.

Comment ça, nous sommes tous concernés ?
1. Nous menons notre vie comme nous avons l’habitude de la mener. C’est le train train quotidien ; même si ce quotidien qui ne nous convient pas toujours réellement. Et un jour, c’est – au mieux – la prise de conscience ou – au pire – la tuile, plus ou moins lourde. Nous ne pouvons plus continuer de la sorte. Mais cela nous obligera à sortir de notre zone de confort.
2. Nous sommes face à l’inconnu. Nous devons explorer de nouvelles pistes, et ça ne fonctionne pas du premier coup. Nous trébuchons, nous nous relevons, nous trébuchons à nouveau, et peut-être l’idée nous traverse-t-elle un moment l’esprit de rester allonger. Mais nous persévérons, et accumulons de nouveau apprentissages.
3. Enrichis de ces nouvelles capacités, nous réintégrons la vie “normale“. Et nous sommes décidés à utiliser ces capacités afin d’exercer un impact positif sur notre entourage.

Tout changement nécessite de sortir de sa zone de confort. Et quand ce changement nous est imposé de l’extérieur, lorsque l’étape de l'”appel à l’aventure” n’est pas remplie, la suite devient vite compliquée. Blocages, réticences, sabotages, etc.

C’est la raison pour laquelle, lorsque nous développons nos formations chez REPORT’in, nous portons une attention particulière à ce que le besoin de changement – l’appel à l’aventure – soit partagé par tous avant d’aborder l’étape de l’initiation.

Peut-on enfermer les gens dans des petites boîtes ?

Couleurs, énéagramme, mbti,… sont autant de modèles en vogue qui prétendent classer les êtres humains selon des caractéristiques préétablies. Quels sont leurs limites ? Et si une alternative plus pertinente existait ?

Ces modèles répondent au besoin fondamental qu’a l’Homme de comprendre et de maîtriser son environnement. Et qui dit modèle dit simplification. En effet, tout modèle vise à décrire un phénomène compliqué ou complexe sous une forme simplifiée et suffisante à l’utilisation recherchée. Or, le domaine des relations humaines étant particulièrement complexe, un modèle simpliste révélera vite des limitations évidentes lors de son utilisation. Et malgré cela, le biais de confirmation nous poussera souvent à persévérer dans notre bêtise, parce que quand c’est plus simple, ça semble plus facile.

Selon mon expérience, un modèle qui classe les êtres humains en quatre couleurs ou même en neuf bases est un modèle simpliste, parce que cela implique de systématiquement regrouper les mêmes traits de personnalité ou modes de fonctionnement dans le même tiroir, et puis d’y enfermer la personne concernée. Et si je démontre des qualités issues de différents tiroirs ? Alors je dois avoir une dominante… sinon le modèle s’effondre.

Il y a quelques années, lors de ma première formation en PNL[1], j’ai découvert la notion de méta-programme. Il s’agit d’un concept selon lequel nous avons des modes de fonctionnement indépendants des uns des autres. Pas question ici d’en regrouper artificiellement pour essayer de tout faire rentrer dans un nombre limité de petites boîtes.

Par exemple, il existe un méta-programme appelé “Tri positif / Tri négatif“. En somme, cela revient à voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Nous connaissons tous des personnes qui appartiennent à l’une ou l’autre catégorie. Or chaque catégorie a ses propres modes de pensées, ses croyances et ses valeurs. Il est donc nécessaire de tenir compte des méta-programmes de notre interlocuteur si l’on veut que l’échange soit constructif.

Je vous propose ci-dessous une liste des principaux méta-programmes utiles dans nos interactions quotidiennes.

Soi / Autre / Mutuel / Système : Est-ce que ma motivation vise à me satisfaire moi-même, ou à satisfaire les autres, ou moi-même et les autres, ou plus largement le “système” dans lequel j’évolue ?
Personnes / Lieux / Objets / Activités / Informations : Sur quoi se portent mes centres d’intérêt ?
Global / Spécifique : Ai-je tendance à considérer la situation dans son ensemble et de manière plus ou moins grossière, ou suis-je attentifs aux détails ?
Procédure / Option : Est-ce que j’ai besoin de suivre des étapes bien définies, ou est-ce que je suis plutôt du genre à improviser ?
Ressemblance / Différence : Est-ce qui me saute aux yeux, c’est ce qui est similaire à ce que je connais, ou ce qui s’en éloigne ?
Dans l’instant / À travers le temps : Est-ce que je profite de chaque instant sans me soucier de mes engagements futurs, ou est-ce que mon agenda et ma montre régissent mes journées ?
Passé / Présent / Futur : Est-ce que j’ai tendance à continuellement faire référence au passé, à vivre le moment présent pour ce qu’il est, ou à orienter mes choix en fonction de projets futurs ?
Associé / Dissocié : Suis-je acteur de ma propre vie, où ai-je tendance tendance à être spectateur de ce que je vis ?
Accordeur / Désaccordeur : Ai-je tendance à être d’accord avec les gens, ou à prendre systématiquement le contrepied de leurs idées ?
Être / Avoir / Faire : Est-ce que ma motivation vient d’un besoin de reconnaissance, d’accumuler des biens, ou d’être continuellement actif ?
Référence interne / Référence externe : Est-ce que je prends mes décisions en fonction de mes idées, ou est-ce que je me laisse influencer par les autres ?
Nécessité / Possibilité / Capacité : Est-ce ce que j’agis parce que “il faut” ou “je dois”, ou parce que “je peux” ou “on ne peut pas”, ou alors parce que “je (ne) suis (pas) capable” ?
Tâche / Relation : Est-ce que ma priorité porte sur ce qu’il faut faire, ou sur les relations humaines ?
Aller vers / S’éloigner de : Est-ce que je fais mes choix pour me rapprocher de ce que je souhaite, ou pour fuir ce que je ne veux pas ?
Proactif / Réactif / Passif : Est-ce que j’ai tendance à agir spontanément, ou en réaction à un événement, ou ai-je tendance à suivre le mouvement ?

Pour chacun de ces méta-programmes, je vous invite à vous poser la question suivante : “À quoi ressemblerait une interaction entre deux personnes qui ont des fonctionnements différents ?


[1] Programmation Neuro Linguistique